
Par Adam Child
Le 4e programme de relance du Japon, dévoilé en avril, a apporté un soutien significatif dans des domaines clés du développement durable: 2 000 milliards de yens (20 milliards de dollars US) pour les soins de santé, en sus des 700 milliards de yens (7 milliards de dollars US) annoncés lors des précédentes injections budgétaires. D’une importance cruciale, ces ressources ont été essentiellement investies en R&D ainsi qu’en informatique en vue d’accroître l’efficacité du système de soins de santé. En outre, nous notons que les dispositions spécifiquement destinées aux personnes âgées témoignent d’une volonté grandissante d’aborder de front la question d’une population rapidement vieillissante.
Néanmoins, la révolution écologique caractérisée par une société faiblement émettrice de carbone et vantée par le premier Ministre Aso au début de l’année se fait attendre. Dans le secteur de l’énergie solaire, un volet clé du programme et un domaine dans lequel les entreprises japonaises donnent en général le ton, les fonds créeront une demande de 80-100 mégawatts de la part des pouvoirs publics, un volume qui ne compenserait selon nous qu’environ 5% de l’offre excédentaire mondiale de modules solaires estimée à minimum 2 gigawatts pour 2009.
Outre le volet consacré à l’énergie solaire, le programme prévoit de financer des véhicules et des chemins de fer écologiques ainsi que des appareils ménagers peu énergivores. Néanmoins, ces efforts ne représentent guère un nouveau modèle de croissance, les émissions japonaises étant parmi les plus élevées du G-20. Lors de discussions organisées par les Nations Unies sur le changement climatique en juin, le Japon s’est engagé à réduire ses émissions de CO2 de 15% d’ici à 2020 par rapport aux niveaux de 2005. Cet engagement est loin des mesures convenues par les démocrates lors du US House Energy and Commerce Committee en vue d’une réduction des émissions de 17% sur la même période. Dans la même veine, l’Union européenne fait preuve d’une plus grande ambition dans le cadre de sa politique en visant une diminution allant jusqu’à 20% par rapport aux émissions de 1990. Loin de mener le peloton de la révolution, le Japon a même été jugé "à la traîne" par l’organisme de protection WWF.
Si, malgré un déficit alarmant, le Japon est en mesure de financer de nouvelles dépenses, la reprise verte pourrait se voir offrir une 5e chance et confirmer les prévisions des analystes formulées depuis l’année dernière. Des élections auront lieu fin août et le Parti Démocrate, actuellement dans l’opposition et en tête des sondages, a proposé de renforcer les investissements dans l’énergie verte. De surcroît, ils ont promis d’adopter des objectifs plus ambitieux et mis en place un système d’échange des émissions conforme aux mesures similaires prises par l’Union européenne et les États-Unis. Ce type d’ajustements législatifs est une manœuvre judicieuse. Selon nous, ils obtiendraient de meilleurs résultats dans le domaine des technologies vertes qu’avec de nouvelles dépenses qui compenseraient à peine l’effondrement du financement de la dette pour les énergies renouvelables.

