
Par Florian Sommer
Alors que les véhicules hybrides parcourent déjà nos routes, les voitures électriques ont clairement le vent en poupe. À présent, le débat n’est plus de savoir si les voitures électriques sont une solution faisable mais bien quand elles seront commercialisées en masse.
Cette année, les programmes de relance des gouvernements ont accéléré ce processus. Le président Obama a annoncé en août une enveloppe de 2,4 milliards de dollars pour le développement de véhicules électriques (VE) et de leurs batteries. L’Union européenne et plusieurs gouvernements nationaux du Vieux Continent ont aussi dégagé des sommes colossales pour permettre ce changement. La Chine a fixé un objectif de production d’un demi-million de voitures électriques par an d’ici à 2011 et a investi 1,4 milliard de dollars américains en R&D.
Une grande partie des fonds est consacrée à l’amélioration de la technologie utilisée pour les batteries, le talon d’Achille des voitures électriques. Il est en effet nécessaire que les batteries bénéficient d’une plus grande autonomie, soient plus performantes et, surtout, sensiblement moins onéreuses. Les progrès actuels sont prometteurs. Le coût des batteries a baissé de 6 à 8 pour cent par an et la plupart des analystes pensent que cette tendance se poursuivra dans les 10 prochaines années grâce à la hausse des volumes de production. Le marché potentiel est énorme. Selon les estimations de McKinsey, qui table sur la vente de six à huit millions de véhicules par an, le marché des batteries s’élèvera à 60 milliards de dollars.
Les marchés ont pris conscience que les batteries sont une technologie très prometteuse. Notre indice relatif aux réserves d’énergie/de batteries a grimpé de 97,5% depuis le début de l’année. Il s’agit de la plus forte performance de nos 30 indices, qui portent chacun sur un aspect différent de la technologie durable.
Un autre domaine nécessitant un changement radical est le développement d’infrastructures énergétiques fiables pour le chargement des véhicules. La Chine, confrontée à des problèmes de pollution atmosphérique urbaine, a annoncé des plans ambitieux. Elle entend ainsi créer un réseau de stations de chargement dans au moins trois des principales villes du pays d’ici à 2011. Hawaï a également annoncé son intention de bâtir jusqu’à 100 000 stations de chargement de véhicules électriques d’ici à 2012.
Enfin, le lobby de l’automobile électrique doit clairement continuer à jouer la carte de la réduction des émissions de CO2. Il n’est en effet pas démontré que les voitures électriques émettent forcément moins de CO2. Certaines études ont montré qu’une voiture électrique utilisant une énergie purement à base de charbon serait à cet égard moins efficace qu’une voiture équipée d’un moteur diesel ou à essence. Cependant, la voiture électrique obtient un meilleur résultat dans le cadre du bouquet énergétique actuel de l’Union européenne.
Enfin, seul un argument écologique solide en faveur des voitures électriques convaincra les gouvernements de créer les mesures requises permettant la commercialisation de masse et l’arrivée des voitures électriques sur nos routes.