
par Alvaro Ruiz-Navajas
Il a beaucoup été question de la résistance du secteur de la microfinance pendant la crise, notamment en raison de la renommée de sociétés telles que Banco Compartamos au Mexique, dont la part de marché a bondi de 170% en 2009. Cependant, l’environnement dans lequel ont évolué les institutions de microfinance (MFI) durant la crise financière a été l’un des moins favorables jamais vu par le secteur. Début 2009, le volume de prêts affichant un retard de paiement depuis plus de 30 jours a atteint une médiane de 4,7%, contre 2,2% fin 2008, tandis que la rentabilité a essuyé une chute vertigineuse.
Toutefois, une analyse approfondie révèle que ces effets ne sont pas aussi extrêmes qu'il n'y paraît. Tout d’abord, la baisse de qualité des actifs a essentiellement été observée au premier semestre de l'année. Il est intéressant de noter que la majorité des défauts de paiement ont eu lieu sur le court terme et que seule une minorité des prêts ont nécessité un rééchelonnement. Le rééchelonnement des prêts est un outil primordial des institutions de microfinance. Il est de notoriété publique qu’elles l’utilisent sans miner la volonté de remboursement de leurs emprunteurs.
En outre, ces effets n'ont pas été uniformes. Les pays tels que la Bolivie et l’Inde ont très bien résisté, tandis que d'autres, comme le Nicaragua et le Maroc, ont enregistré un volume considérable de défauts de paiement qui n’étaient pas nécessairement imputables à la crise. Ces différences s’expliquent par la compétitivité accrue de pays comme la Bolivie et l’Inde qui ont ainsi profité d’une innovation plus rapide des produits et de davantage de moyens pour analyser la clientèle.
Ainsi, bien que la microfinance ait été secouée en 2009, elle est restée relativement épargnée. Par ailleurs, sa tendance à améliorer la qualité de ses actifs favorise notre optimisme à l’égard de ce secteur.
