
Par Florian Sommer
Des dizaines de millions de personnes se préparent à recevoir le vaccin contre la grippe H1N1. Comme l’a annoncé l’OMS en juin, nous sommes actuellement confrontés à une nouvelle pandémie.
Quelles sont les implications pour les investisseurs en développement durable ? Tout d’abord, l’histoire montre que les pandémies ne surviennent que tous les 30 à 40 ans. Cependant, nous avons récemment observé un nombre croissance d’épidémies ayant pratiquement atteint le niveau de pandémie. Pensez au syndrome SARS et à la grippe asiatique.
Le risque de pandémie augmente. Dans notre monde moderne, les individus vivent davantage à proximité des centres urbains, voyagent plus et mangent plus de viande. La proportion d’animaux d’élevage a crû de façon exponentielle. À titre d’exemple, la population aviaire de la Chine a grimpé de 12 millions d’individus en 1968 à 13 milliards en 2005, tandis que la population humaine n’est passée que de 790 millions à 1,3 milliard. Ainsi, la proximité accrue entre les animaux et les humains est l’un des principaux facteurs de risque. En effet, la plupart des nouvelles maladies infectieuses ont résulté jusqu'à présent de la transmission d’un virus des animaux aux humains.
Les rares études d’investissement existantes sur le sujet se concentrent presque exclusivement sur les bonnes ou les mauvaises performances à court terme des secteurs pendant les périodes de pandémie ou d’épidémie. Les compagnies aériennes, par exemple, ont été durement touchées lors de l’épidémie de SARS, mais se sont ensuite redressées rapidement. Parier sur le caractère unique d’une épidémie ou d’une pandémie, par essence imprévisible, n’est pas une stratégie très attrayante pour les investisseurs. Une perspective à plus long terme est davantage rémunératrice, comme dans le cas des marchés en plein essor axés sur la prévention des maladies et la préparation aux pandémies. Ainsi, la biosurveillance des animaux est considérée comme cruciale dans la prévention des « sauts de la barrière de l’espèce » entre les animaux et les êtres humains. Il existe de nouveaux diagnostiques et technologies de test permettant de détecter les maladies plus rapidement et de façon plus fiable. Le marché des diagnostiques moléculaires a crû entre 10 et 20 pour cent au cours de ces 5 dernières années et devrait atteindre les 7 milliards de dollars américains d’ici à 2011. Enfin, les gouvernements ont commencé à prévoir un financement à plus long terme pour le développement de nouvelles technologies et d’infrastructures de production plus efficaces pour les vaccins (ex.: les méthodes de production à base de cellules), afin d’éviter les précédents problèmes dans la production de vaccins en suffisance pendant les périodes d’épidémies/de pandémie.
Nous ne savons pas encore quel sera le degré de gravité de la grippe H1N1. Par contre, nous savons que les facteurs de risque pandémique augmentent, suscitant dès lors une demande croissante de solutions permettant d'éviter l'émergence et la propagation de maladies infectieuses. Ces technologies offrent des opportunités d’investissement intéressantes à long terme.

