
Par Martina Jung
La Conférence de 2009 des Nations Unies sur les changements climatiques qui se tiendra à Copenhague pourrait ne pas aboutir à un traité international sur le climat. En revanche, le secteur des énergies renouvelables est susceptible de sortir gagnant.
L’objectif final de cette conférence est l’établissement d’un traité international sur le climat avec l’accord des principales économies sur des objectifs contraignants de réduction des émissions ainsi que la mise en œuvre d’un système « cap and trade », c'est-à-dire un système avec plafond et échange de quotas d’émissions. Alors que l’Union européenne a déjà mis en place son système européen d'échange de quotas d'émissions de gaz à effet de serre, le principal défi des Nations Unies à Copenhague sera de s’accorder sur la contribution des plus grands émetteurs mondiaux que sont la Chine et les États-Unis.
De son côté, le gouvernement américain discute actuellement d’un avant-projet de loi sur le climat qui pourrait s’avérer être un outil puissant afin de persuader les autres grands pollueurs mondiaux, et plus particulièrement la Chine, d’adopter une loi de réduction des émissions. Cependant, alors que le secteur industriel américain s'efforce de faire face aux conséquences de la crise économique et financière, le projet de loi « cap and trade » envisagé fait l’objet de plus en plus de résistance.
Entre-temps, la Chine fait ses premiers pas timides vers une réduction de ses émissions. Le président chinois Hu Jintao a récemment exprimé son intention de ralentir l’augmentation de la pollution au CO2 de la Chine par rapport à sa croissance économique. Néanmoins, M. Hu refuse de s’engager sur des objectifs chiffrés spécifiques et insiste sur le fait que les pays plus riches devraient payer pour les plus pauvres en vue de la réduction des émissions de CO2.
Malgré ces efforts, il est peu probable que les États-Unis viennent à Copenhague avec un projet de loi « cap and trade » finalisé, tandis que la Chine ne souhaitera pas quantifier son engagement sur la réduction des émissions d’ici au mois de décembre. Cependant, les participants à la conférence de Copenhague devraient pouvoir établir une stratégie claire d’accroissement de la production d’énergies renouvelables.
Les États-Unis ont ainsi déjà décidé de prendre des mesures pour soutenir l’utilisation d’énergies renouvelables dans le cadre de son plan de relance économique, bien que la mise en application de ces mesures pose encore quelques problèmes. Les efforts afin de les résoudre devraient ouvrir la voie à des objectifs plus ambitieux pour l’installation de capacités de production d’énergies renouvelables aux États-Unis.
La Chine envisage aussi de soutenir les énergies renouvelables. Elle s’est fixée pour objectif de puiser 15% de ses besoins énergétiques dans les sources d’énergie renouvelables d’ici à 2020. Le gouvernement chinois élabore actuellement un plan de soutien des énergies renouvelables au travers de subventions. Dans le cadre de sa participation aux discussions de Copenhague, il est possible que le gouvernement chinois apporte plus de détails à ce sujet.
Les énergies renouvelables sont un élément clé dans la réduction des émissions de CO2 et elles offrent aux pays comme la Chine un moyen tangible d’aborder ce problème. Bien que l’élargissement de la production d’énergies renouvelables et le système « cap and trade » représenteront une charge financière pour les économies nationales, le développement des secteurs régionaux liés aux énergies renouvelables est également source de création d’emplois. Par conséquent, la conférence de Copenhague devrait permettre l’émergence d’objectifs ambitieux pour la production d’énergies renouvelables de la part des membres de l’ONU ainsi que l’application de mesures cruciales visant à atteindre ces objectifs.
Commentaires