
Par Adam Child
Le programme de relance chinois de 4 000 milliards de RMB (586 milliards de dollars) annoncé officiellement en novembre dernier ne consacrerait pas moins de 450 milliards de dollars aux dépenses en faveur du développement durable. Toutefois, les détails sont plus que rudimentaires et nous recommandons la prudence à ce sujet.
Tout d’abord, la part des 4 000 milliards de RMB pouvant être effectivement qualifiée de mesure discrétionnaire est floue. Une grande partie des mesures ne seront pas financées directement par Pékin. Le pouvoir fera en effet plutôt pression sur les banques et les entreprises détenues par l’État pour qu’elles augmentent les dépenses et les emprunts. Il devient dès lors difficile d’évaluer précisément le coût total.
Ensuite, l’identification des mesures consacrées au développement durable pose également problème. Ces mesures ont été annoncées comme un ensemble d’initiatives dans les domaines du développement des quartiers défavorisés et du logement social, des infrastructures de soins de santé, de l’électrification, de l’eau, des infrastructures rurales et de la biologie de la conservation. Le budget consacré à chaque sujet est colossal, mais repérer les fonds destinés spécifiquement à des projets de développement durable revient à chercher une aiguille dans une meule de foin.
Néanmoins, il est inutile de se soucier outre mesure du montant apparent. Nous continuons de penser que le programme de relance chinois dénote, peut-être plus que tout autre programme des membres du G-20, un changement radical du modèle présumé de développement économique du pays. Le fait que bon nombre des projets proposés soient "prêts à se concrétiser" suggère qu’ils auraient été poursuivis en l’absence de tout programme de relance. Toutefois, ce n'est pas la meilleure conclusion à tirer. Il est en effet plus important de retenir que ce programme confirme que le développement durable est un aspect autant intégré à la politique chinoise qu’il ne l’est pour les gouvernements américain et européens. Les troubles sociaux observés à la suite des récents scandales des substances toxiques soulignent le besoin de développement durable en Chine, autant que dans les économies développées. La pollution de l’air et de l’eau, les risques sanitaires, les pénuries alimentaires, le manque d’équipements médicaux et l’accès à l’éducation sont des défis majeurs pour l’establishment chinois. Le programme de relance démontre que ces défis n’ont pas laissé les dirigeants de Beijing indifférents.

